Nous étions une dizaine de curieux et curieuses autour de Nicolas ce mercredi après-midi. Inquiets de la météo, nous avons finalement profité d’un petit rayon de soleil lors des explications pleines d’anecdotes et de retours dans le passé. Passionné, enthousiaste, Nicolas a à cœur de transmettre son métier et de partager ses valeurs. Selon lui, c’est aussi une part de son travail que d’expliquer à autrui toute l’attention qu’ils portent à leur élevage. Fannie et Nicolas croulent sous les journées bien remplies, partent peu en vacances et ont une semaine de 7 jours. Mais ils n’échangeraient pour rien au monde leur vie. Ils aiment les surprises du métier, les nouvelles expérimentations, le respect dans lequel ils élèvent et tuent leurs poissons. Les nombreux restaurants avec lesquels ils travaillent leur rappellent chaque jour que leur travail a du sens et qu’il est de qualité. De vrais passionnés qui ont la chance d’avoir un cadre de vie merveilleux qui leur permet de vivre. Ils en sont très reconnaissants et garde une grande humilité.

Nous avons profité de cette visite pour questionner Nicolas sur la non certification de la pisciculture.

Du non bio à la Carline, c’est possible ça ?

Pour certains produits, oui (certification impossible : produits issus de la mer, produits d’entretiens…). Pour La Truite d’Archiane, nous avons quelques éléments qui expliquent pourquoi nous avons dérogé à la non certification bio :

La pisciculture serait éligible à la certification bio mais pas sur l’ensemble des produits proposés. C’est une question de densité de poissons dans les bassins notamment pour le cristivomer, qui nécessiterait une densité plus faible selon le cahier des charges AB. Là, c’est un choix délibéré de la pisciculture afin de trouver un équilibre entre des pratiques d’élevage respectueuses et une réalité économique pour que l’activité soit « vivable » à Archiane. En effet, le cristivomer est une espèce peu courante en élevage du fait de son besoin d’eau froide. Il permet à la pisciculture de se démarquer de la concurrence alors que son élevage à des densités plus faibles n’est pas rentable.

Et pourquoi ne pas certifier les autres espèces ?

La proximité des bassins empêche les autres espèces d’être certifiées. En effet, il faudrait une distance de plusieurs kilomètres entre les bassins certifiés et les bassins non certifiés. À la vue de l’espace étroit d’Archiane, c’est impossible.

Et que mangent les poissons ?

Ils sont nourris à la main avec un aliment compatible avec le cahier des charges AB depuis 2009. Cet aliment est composé d’une part de farines de poissons issus d’invendus de criée ou de valorisation de chutes de découpe de poissons destinés à la consommation humaine (non certifiée, car poissons issus de l’océan) et d’autre part par des céréales bio (blé, riz, fèves, pois, triticale, occasionnellement soja) et d’huile végétale bio. La répartition 45% de protéine et 17% de matière grasse permet un bon équilibre de croissance pour le poisson et une bonne digestibilité.

Enfin, la pisciculture d’Archiane s’est engagée à rester à taille humaine (Marque Parc du Vercors Truites et Salmonidés) et à ne pas faire grossir sa production. L’objectif est notamment de restituer au milieu naturel une eau suffisamment claire pour ne pas impacter la qualité écologique du cours d’eau.

Production locale, réputée, respect du vivant, qualité exceptionnelle de l’environnement, comptabilité avec le cahier des charges AB, autant de critères qui nous semblent largement suffisants pour vous assurer un aliment sain. Cela fait maintenant plus d’un an que nous travaillons en pleine confiance avec eux et nous sommes très fiers de proposer la Truite d’Archiane en rayon.

Pour plus d’infos lisez ce complément d’article.

Encore une visite bien appréciée de tous et riche de rencontre. Un grand merci à la pisciculture de nous avoir accueillie et on se voit dans nos assiettes 😉

>> Les visites de ferme organisées par La Carline ont pour but de créer du lien entre les 3 maillons que sont les consommateurs, les producteurs et les épiciers (tout ce petit monde au féminin également bien sûr). En effet, cela répond à une curiosité et un intérêt de plus en plus grand de la part des consommateurs quant à l’origine de ce qu’ils mangent. Ces visites permettent également une forme de reconnaissance du travail réalisé et permet aux épiciers et épicières de mieux connaître et mieux valoriser ce qui se trouve sur les étales de La Carline.