Copyright : photo de Vincent Astier

Qu’est ce qu’on boit après un orage qui nous a trempé jusqu’à l’os ? Qui nous a rincer jusqu’à n’en plus pouvoir ? Qui a miné notre moral et abîmé nos belles tomates du jardin ? Un bon chocolat chaud ? Hum, non, une bonne bière fera l’affaire !

Après l’Orage, c’est le nom qu’ont donné Martin et Maxime à leur brasserie Dioise ouverte il y a peu. Tout juste après un gros orage dont on se souvient encore. Il a eu lieu au printemps 2020, nous a tous surpris et pris de cours. Certains disent qu’il a métamorphosé notre société, d’autres disent qu’il y en a déjà eu et qu’il y en aura encore… En tout cas, suite à ce gros orage il y a eu pleins de belles initiatives, des constructions de ponts jusqu’alors inexistants et la brasserie Après l’Orage en fait partie. Martin et Maxime ont eu l’idée de faire de la bière 100 % locale, et nous avons beaucoup de chance, nous Diois et Dioises, car ils ont décidé de la faire dans le Diois !

Mais ce n’est pas si simple de s’approvisionner qu’avec des ingrédients locaux. Aujourd’hui, seulement 2 ans après leur création, ils ont du malt local, ce qui n’est pas rien pour une bière. Jusqu’alors fournit par la malterie du château en Belgique, qui est une grosse entreprise qui fait un travail de qualité (en Bio, bien sûr), certes, mais trop lointaine à leur goût, nos deux compères se rapprochent de leur idée initiale en s’approvisionnant maintenant à la malterie « A vos malt » située à Granges-les-Beaumont. Là aussi ils ont affaire à du malt de qualité, issu de céréales de Rhône Alpes et en bio évidemment. Un petit bonus pour se marrer : une vidéo de nos brasseurs qui ont un sens de la communication dont je dois m’inspirer.

Cette malterie, ouverte en octobre 2020, permet un débouché local pour les céréaliers brassicoles en agriculture biologique de la région. Comme les quantités sont plus faibles que la malterie du château, le prix n’est pas le même et le kilo de malt revient à 1,3€ chez A vos malt au lieu de 1€/kg. Il se pourrait donc que la bouteille de bière augmente de quelques centimes. Et oui, il faut que nos brasseurs s’y retrouvent si l’on veut qu’ils durent.

Aperçu de leur local, avec les 2 tonnes de malt de A vos malts dans le fond.

Pour ce qui est des autres ingrédients de la bière. Le sucre vient d’Allemagne généralement ou de La Carline (du Brésil donc) quand besoin de dépannage. Nos deux brasseurs ont volontairement choisi d’utiliser du sucre de betterave biologique pour le prendre le plus près possible. Et le houblon, lui, vient en partie de la côte nord-ouest des États-Unis (produit par des fermes familiales), d’Angleterre, de Belgique et du Diois. Nous n’avons pas encore d’houblonnière dans la vallée qui produise une assez grande quantité pour fournir Après l’Orage, mais cela pourrait changer. Martin et Maxime ont fait quelques essais avec le houblon de deux paysans du Diois. Donc une bière (presque) 100% locale est possible !

Copyright : photo de Vincent Astier